Cinq Sens

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Chapitre 1 - La vue

Qu'y a-t-il de plus beau que la vue du soleil qui descend sur la ville ? Cette ville dans laquelle j'ai vécu, dans laquelle j'ai ressentit tant de choses... C'est dans ce genre de moments, ces instants passés à admirer un coucher de soleil qu'on comprend la signification de ces mots : "chez soi". Ce havre de paix, baigné par les couleurs roses et orangées de l'astre brûlant qui descend lentements derrière l'horizon, est mon chez moi. Nous, GazettE, avons beau passer plus de temps sur scène ou dans un studio que dans nos appartements respectifs, ils n'en demeurent pas moins les seuls endroits où nous sommes vraiment à notre place. Jouant avec une mèche de mes cheveux, je contemple rêveusement les reflets dorés du soleil sur la vitre de la fenêtre de ma chambre. Cette mèche que j'enroule autour de mon doigt depuis tout à l'heure est maintenant sur mon visage, s'obstinant à se placer devant mes yeux. Je me lève avec un soupir et me traine jusqu'à un des quatre miroirs qui sont dans ma chambre, domptant les cheveux rebelles avec la laque qui est posée sur un meuble non loin de là. Je souris à mon reflet, d'un sourire plus dépité que satisfait. Ne jamais être satisfait, ne jamais s'accepter, je connais cette sensation mieux que tout le monde. Ca y est, ça commence, lentement mais surement... Je ne tiens plus en place. Mes mains prennent le pot de maquillage de leur propre initiative, je ne suis pas satisfait, mon reflet n'est pas celui que j'attendais...
La sonette interrompt ma main à quelques centimètres de mon visage. Je rajuste une dernière fois ma coiffure, mes vêtements, repose le pot de maquillage et pénètre calmement dans le salon. Ici aussi, comme dans ma chambre, les ombres crées par le soleil couchant dansent alors qu'il disparait derrière l'horizon... J'aime cette atmosphère paisible, et je ne l'interromprais pour rien au monde si je n'étais pas persuadé qu'une chose bien plus belle encore m'attendait derrière la porte. Une oeuvre d'art, un modèle de beauté, un être presque irréel à force de perfection, tellement différent de moi et pourtant si proche... J'ouvre doucement la porte derrière laquelle IL se tient. Je sais qu'IL est là, et encore une fois, mes yeux m'informent que je ne me suis pas trompé. Ils sont tous là, tous les quatre, GazettE au grand complet, mais je ne vois que lui et sa beauté ensorcelante.
- "Salut."
Les mots passent mes lèvres alors que je détache péniblement mon regard de son doux visage, les invitant à entrer. C'est si dur, si tu savais, c'est si dur de détourner mes yeux des tiens pour te conduire au salon... Mais je me rassure, ce soir, il est tout à moi. Aoi, le bel Aoi, la beauté parfaite, est prisonnier de cet appartement que je partage avec ma famille. Je referme la porte avec un sourire ravi, anticipant la soirée que je vais passer à admirer le plus parfait des êtres humains.
Lorsque je reviens dans le salon, le soleil est déjà couché. La lumière artificielle éclaire mes amis d'une façon bien moins agréable que ne le ferait l'astre du jour, mais qu'importe. Aoi est beau sous toutes les lumières. Je m'assois en face de lui, afin de l'observer tout à loisir. Reita est à côté de moi sur le canapé, un sourire flottant sur ses lèvres à demi obscurcies par l'ombre de son bandeau. De jolies mèches blondes s'étalent sur son front; le bassiste aussi est très beau, bien qu'il n'arrive pas à la cheville d'Aoi. Ses mains aux doigts longs et étonnament lisses pour ceux d'un bassiste tapottent nerveusement son jean blanc, alors que ses cils anormalement longs pour un homme descendent lentement.
- "Rei-chan, tu t'endors ?"
Il ouvre ses jolis yeux et me fixe, ce qui me ravit. Ses prunelles plongent des les miennes et me font sourire, j'aime ce petit sourcil froncé qui donne un côté aggressif à son air interrogateur. Un seul sourcil, un seul oeil, Reita cache beaucoup trop son visage à mon goût. Ca donne peut-être cette sensation d'inconnu qui me fait frissonner, alors que je me délecte à imaginer le moindre de ses traits si parfaits... Son corps l'est aussi, je le sais, je le connais, comme je connais le bassiste depuis bien longtemps. Mes yeux glissent sur ses vêtements alors qu'il me répond en se levant.
- "Ouais, j'vais chercher des bières pour me réveiller."
Laissant le blondinet à sa quête de notre boisson préférée, je me tourne vers mon autre voisin. Uruha regarde droit devant lui, ses mains soigneusement posées sur ses cuisses nues. Un sourire énignmatique se dessine sur les lèvres de "l'apollon", ses prunelles brunes semblant fixer le néant. Lui aussi est très beau, sans avoir le côté sauvage et brutal de Reita. Uruha est sensuel, tactile, mais il n'a pas ce soupçon de danger dans le regard qui peut faire fémir n'importe quelle femme... ou n'importe quel homme. En face du joli guitariste blond est assis Kai, son éternel sourire aux lèvres, les yeux fixés sur la porte de la cuisine que Reita vient de franchir. Il est assit confortablement, moins vautré que Reita mais moins droit qu'Uruha. Kai ne semble pas se préoccuper outre mesure de son apparence, pour mon plus grand malheur. Regarder une jolie chose est agréable, non ? Le sourire de ce batteur est néanmoins un véritable délice, tant il porte de joie et de réconfort. Sans plus attendre, mes yeux se tournent vers la personne qui me fait face.
Lui non plus ne se préoccupe pas de son apparence, à mon grand désespoir. C'est une angoisse permanente, un stress qui m'opresse dès que mon regard se pose sur lui. Cette beauté presque trop intense qui est là, en lui, n'attendant rien d'autre qu'un peu de maquillage ou un petit quelque chose pour se mettre en valeur... Mais Aoi n'est pas aussi obsédé par ça que je le suis. Cette magnifiscence négligée me fait frémir alors que mon regard parcourt son corps si parfait.
Je le connais si bien ce corps, que je pourrais écrire un roman dessus. Chaque line, chaque creu, chaque contour, chaque grain de beauté, la moindre marque, je connais tout de lui. Je mord nerveusement ma lèvre inférieure alors que je remonte jusqu'à ses lèvres. Un anneau noir vient rehausser le rose tendre de ce sourire rêveur, la courbe délicate de ces lèvres que je ne peux quitter des yeux... à moins que ce ne soit pour lever le regard, atteindre ses yeux, et m'y noyer...
Ils sont profonds, noirs, intenses, le néant. Mais c'est un néant expressif qui règne dans les yeux d'Aoi, ces deux petits joyaux noirs, des éclats d'obsidienne qui viennent compléter un visage parfait. C'est le bon mot. Aoi est la perfection, l'accomplissement personnifié, ce que je me tuerais pour atteindre moi-même... captivant, envoutant, mais naturel et agréable. Une beauté fraiche et sensuelle, qui semble intacte et indépendante de ce maquillage léger qui recouvre sa peau que je devine douce.
Tu es si beau, mon Aoi, si beau alors que tu te lèves lentement et que tu t'avances vers moi... Vers moi ? Oui, tu te penches sur moi et me regarde d'un air interrogateur, je sens mon souffle s'accélérer d'une manière que j'espère imperceptible. Tes yeux noirs capturent les miens pour ne plus les lâcher, je suis prisonnier de ton regard. Ne fait pas ça ! C'est un supplice lorsque ton regard quitte le mien, alors que je sens descendre sur mes lèvres. Ton air soucieux est à tomber, ta bouche qui fait la moue est à croquer, mais cette main que tu passes devant mon visage me prive du loisir de la contempler.
- Ruki-chan ?
Ta voix cristalline sonne dans l'appartement silencieux.
- Oui ?
- T'es dans la lune ? demande Reita qui revient de la cuisine avec ses bières.
- J'crois.
- On te demandait si tu venait avec nous boire un coup demain après la répèt', explique Uruha en me fixant de son regard doux et tranquille.
Je ne réponds pas, les yeux toujours rivés sur ce corps penché sur le mien. Ce n'est que lorsqu'Aoi s'assoit à côté de moi, à la place qu'occupait avant Reita, que je daigne détacher mon regard de son corps pour me tourner vers mon autre voisin.
- Bien sûr, je viens.
Je prends machinalement une bière et me replonge dans la contemplation d'Aoi. Sa silhouette m'attire comme un aimant, d'une façon irrésistible et dangeureuse. Lorsque je le regarde, plus rien n'existe autour de moi, j'ignore tout le reste... Je dois même me forcer à ne pas le fixer pendant un live, pour ne pas m'arrêter de chanter. Son sourire satisfait fait apparaitre un rictus amusé sur mes lèvres; il est ravi que je l'observe. Aoi est ainsi, il aime qu'on l'admire et qu'on le regarde; il n'apprécie rien tant que le regard des fans sur son corps et les murmures des hommes jaloux dans son dos. Mais je ne suis pas jaloux, moi, est-ce qu'il le sait ? Sans doute. Notre guitariste brun, notre prince de la nuit connait ses charmes et sait que ses démonstrations d'amour propre n'offensent personne au sein du groupe.
Ca fait longtemps que je n'écoute plus les autres, incapable de me concentrer sur autre chose que cette beauté en face de moi. Ce sentiment qui a commencé à monter en moi brûle dans mon coeur, me donnant la force d'abattre des montagnes et l'énergie de chanter durant des heures.
Aussi loin que remontent mes souvenirs, j'ai toujours aimé la beauté. Les femmes que je cotoyais, je les rejetais presque au moindre défaut esthétique, tant j'étais amoureux du 'beau' que je croyais retrouver à travers mes conquêtes.
Mais la beauté, la vraie, c'est lui. Aoi... Comme j'aime cette beauté, comme je l'aime...

A suivre~

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:30

Cinq Sens

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CHAPITRE 2 - ~L'ouïe~

- SEXUAL DISGRACE !
Sa voix est puissante et forte, et pourtant, elle sort d'un si petit corps... Comment peut-on concentrer une telle force dans un être si petit ? Un tel charisme ? Ruki est passionnant, envoutant, et sa voix... sa voix... Je me sens presque maladroit face à lui, avec mon grand corps incapable de produire un seul son satisfaisant. Ce n'est pas faute d'avoir essayé pourtant... Je suis de loin le plus perfectionniste en ce qui concerne la musique, tous les membres du groupe s'accordent à le dire. Et c'est d'ailleurs pour ça que je chante parfois avec lui, avec Ruki.
- Ruki...
C'est Reita qui a parlé alors que la chanson se termine. J'aime bien sa voix, grave et rassurante, masculine, virile, une voix d'homme en quelque sorte, même si elle n'est pas aussi émouvante que celle de notre chanteur.
- Ouais ?
- On sort ce soir, tu te souviens ?
- Ouais, ouais, je sais.
Le studio est à nouveau silencieux. Seul le ronronnement des amplis, le bruit léger de la respiration de Ruki et les petits soupirs fatigués de Reita viennent troubler le calme de fin de répétition.
- J'vais fumer, murmurais-je le plus doucement possible, comme par peur de briser le silence qui s'est installé.
- Je.. J'viens.
Je jette un regard suspicieux à Ruki. Pour quelqu'un qui essaie d'arrêter de fumer, m'accompagner n'est peut-être pas une excellente idée... Mais ça confirme ce dont je me doute. Cette impression que depuis quelques mois, partout où je vais, j'entends le bruit des pas si particuliers de Ruki, sa respiration que je reconnaîtrais entre mille, sans même avoir besoin de le regarder, et surtout, sa voix, belle et puissante. Les sons de Ruki, mon petit chanteur, sont presque omniprésent depuis quelques temps, mais peut-être est-ce tout simplement parce qu'il reste avec moi ?
- Ces deux là sont sans arrêt collés l'uns à l'autre, gromelle Uruha au moment où je passe la porte.
Ruki a entendu, je sens sa respiration s'arrêter un instant sous le coup de la surprise pour reprendre un peu moins calmement qu'auparavant. Si tu m'aimes, Ruki-chan, si tu m'aimes...
Je referme la porte derrière nous et inspire profondément. Le soleil est déjà couché depuis bien longtemps, et on entend tous ces petits bruit si caractéristiques des nuits d'été. Le souffle de Ruki, un peu plus rapide que tout à l'heure, et le mien, viennent briser l'osmose parfaite des sons du crépuscule estival.
- Tu viens ?
Sans attendre une réponse qui ne viendra pas, je prends doucement sa main dans la mienne pour l'entrainer sur un banc entouré de quelques arbres et massifs de fleurs, au milieu de l'herbe, dans le noir le plus total. Sa respiration s'est encore un peu accélérée, presque imperceptiblement. Est-ce moi qui le trouble ? Je jette un oeil aux pavés du chemin qui brillent sous la pâle lumière de la lune.
- Tu crois que quelqu'un nous verrait s'il passait sur le chemin ?
- N-non...
Son souffle est devenu un peu plus saccadé. Il panique ? C'est trop mignon...
- Ruki-chan ?
Ma voix se fait la plus douce possible, comme pour calmer le coeur de mon petit chanteur.
- O-oui ?
- Tu m'aimes ?
Un souffle bref et rapide m'indique qu'il a sursauté, puis sa respiration reprend avec peine. Non, ne répond pas, mon adorable Ruki, ton corps a répondu à ta place...
Il laisse échapper un gémissement à peine audible lorsque mes lèvres déscendent sur les siennes, capturant enfin cette peau douce et gourmande qui produit de si joli sons.
- Hmm... Aoi... mon bel Aoi...
- Shht...
Non, ne parle pas mon adorable petit ange, je ne veux entendre que le délicieux son de nos lèvres qui se caressent, de ma langue qui danse avec la tienne, le doux bruit de mon corps qui glisse lentement du banc avec le tien, nous allongeant sur l'herbe humide.
- Aoi...
Ta voix a changé cette fois, devenant un gémissement suppliant. Est-ce mon corps que tu désires ainsi ?
- Aoi...
Le son est plus déterminé cette fois, alors que tu commences déjà à faire glisser mes vêtements le long de mon corps, avec ce délicieux bruit de tissu qui cesse lorsque nous sommes enfin nus, face à face, et tu me regardes...
- Tu es trop.. beau.
C'est mon tour de respirer de plus en plus vite, mon souffle devenant court alors que je me penche sur toi pour mordiller ton cou, me délectant de chacun de tes gémissements plein de désir.
- Aoi... Oui, je t'aime, Aoi... mon bel Aoi...
- Hm... Moi aussi...
Nos inspirations devienne brutales, nos expirations sont saccadées, et ton corps caresse le mien avec un bruit doux comme de la soie. Et le cri aigü que tu pousses alors que ma main glisse entre tes jambes est repris en écho lorsque ton bassin se colle contre le mien, que tes lèvres rejoignent mon torse. Tu me pousses dans l'herbe, inversant les rôles. C'est à toi d'être au dessus de moi et de me faire gémir de tes lèvres si adroites qui parcourent mon corps, plus bas, toujours plus bas...
Je sens l'herbe humide et froid contre mon dos nu, j'entends le craquement des feuilles et des brins que j'écrase sous mon corps, je sens ta bouche entre mes jambes et le bruit saccadé et tellement tentant de ta respiration contre mon sexe, le bruit de ta langue qui me caresse, mes propres gémissements plaintifs, torturés, et cette sensation qui m'emmène au septième ciel...
- Aoi... Oh Aoi...
Tes lèvres se sont séparées de mon corps, et c'est à moi de te faire plaisir alors que j'inverse les rôles, arrachant à coup de langue et de caresses des gémissements de tes lèvres si décilieuses. A moi de te torturer jusqu'à la jouissance, mon adorable chanteur...
- Aoi... Si tu savais...
Tes murmures sont interrompus par des gémissements alors que mes lèvres et ma langue se font de plus en plus insistantes entre tes cuisses, se délectant que chaque frémissement de ton corps et de chaque soupir que tu exhales.
- Aoi... J'ai rêvé de ça... Tellement de fois... T'es tellement beau, tellement... parfait... Oh.. Aoi...
Tu pousses un dernier gémissement, un dernier soupir, la main plaquée contre la bouche pour ne pas crier alors que je mène à l'extase. Je goûte ton plaisir, ce goût amer dans ma bouche comme je me délecte de ta respiration saccadée qui se calme peu à peu alors que je remonte jusqu'à tes lèvres.
- Je t'aime, Ruki-chan.
- Je t'aime aussi...

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:31

Cinq Sens

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A écouter pour se mettre dans l'ambiance : http://youtube.com/watch?v=omA_6A9oqpg

CHAPITRE 3 - ~Toucher~

La douceur du "prince de la nuit" et la rage enflammée de l'adorable Ruki se sont enfin unies... et je me retrouve seul. Moi qui aurait tant voulu goûter leur peau, si différente, mais si belle à tous les deux. Les nombreux verre de vodka m'empèchent de voir avec précision qui me fait face, mais c'est peut-être mieux comme ça, non ? Je danse dans la nuit noire de la discothèque, un corps rassurant non loin de moi. Reita ? Ma main se promène sur lui pour l'explorer, descend le long de son bras et rencontre un bracelet, c'est bien lui. Nous dansons face à face, corps contre corps, peau contre peau, souffle contre souffle. Mes doigts parcourent ses joues, glissant sur son bandeau, le long de son cou, son torse, pour revenir à ses joues et l'attirer contre moi, mes bras s'enroulant autour de son corps.
- Rei-chaaaannn, donne-moi tes lèvres !
- Non, Uruha.
- Zut.
Je titube vers la table d'Aoi et Ruki, cherchant à obtenir les marques d'affection que cet idiot de bassiste me refuse.
- Aoi-chaaaaaaannnnn, fais moi un calin !
- Non, Uruha.
- Encore ?
J'entends Ruki qui pouffe de rire et je fronce les sourcils, me tournant vers Kai.
- Kai ?
- Non plus, Uruha, répond-t-il d'une voix douce. Tu sais pourquoi.
- Ah oui, c'est vrai, notre foutu bassiste.
Ce n'est un secret pour personne, à part Reita bien sûr; qui comme toujours est proprement aveugle concernant les sentiments des autres. Tant pis... Je vais jeter mon dévolu sur cette ombre qui se tord, qui se déhanche en rythme et qui danse comme si sa vie en dépendait.
- Salut...
Quelques mots murmurés à son oreille, et je danse contre lui. Il est sûr de lui, beau, un mélange de grâce teinté de la folie de la danse sous l'emprise de l'alcool... Ses mouvements contre moi sont sauvages, libres, fous, il semble danser comme il le veut sans se soucier le moins du monde de son entourage. Et je me glisse contre lui, me faisant plus sensuel que jamais, refermant mes doigts au hasard sur son bras, la chemise entrouverte qu'il porte, glissant une main dans ses cheveux... Nos corps s'approchent, s'accrochent et s'entrelacent dans une danse toujours plus langoureuse. Nous sommes seuls au monde, moi et cet homme que je ne connais même pas, il n'y a plus que ses vêtements qui frottent contre les miens, la moiteur de sa peau contre la mienne et son souffle chaud dans mon cou.
- Uruha ?
C'est sa voix, mais c'est aussi celle d'un chanteur que je connais particulièrement bien. Je cesse de me perdre dans le frôlement de nos corps et le regarde, il est grand, il est beau, je le connais, cette ombre contre laquelle je danse... c'est miyavi.
- miyavi ?
- The Great Oresama, lui-même.
Son visage replonge dans mon cou, récompensant ma réponse juste d'une morsure contre ma peau humide de sueur. Sa langue me caresse pour remonter presque jusqu'à ma joue avant de s'arrêter, je suis envoûté...
Sans même que je m'en rende compte, la danse fébrile de nos corps nous ont menés dans un coin de la piste de danse, dans un endroit un peu plus discret et à l'écart des regards.
- Ravi de te revoir, Uruha-chan.
- Moi de même...
Son sourire goguenard s'élargit. Miyavi a toujours l'air de se moquer du monde entier, mais je commence à le connaître depuis qu'il est un des meilleurs amis de Ruki. Ses hanches me frôlent alors que nous continuons à danser, me capturant à nouveau dans les mouvements langoureux de son corps contre le mien. Ses doigts de guitariste sont contre mes hanches, oscillant entre des caresses purement amicales, restant du domaine du fan service, et quelque chose de plus... poussé. Le 'meilleur solo player' comme il se plait à s'appeler lui-même est contre moi, avec moi, et nous ne faisons plus qu'un tant sa façon de danser et de me toucher me correpondent... du moins jusqu'à ce que cette nuit ne se termine.
Nous n'avons pas échangé un seul baiser, bien que sa peau contre la mienne nous ait laissé l'occasion de caresses bien plus osées que celles que devraient échanger deux simples amis et collègues... mais la fête est finie, et le jour se lève lorsque nous rentrons enfin chez nous.
Je m'allonge avec un soupir satisfait sur la banquette confortable de la voiture de Kai, qui me ramène chez moi. Le batteur a laissé Aoi et Ruki rentrer à pieds, mais il sait que je suis celui qui habite le plus loin du bar, et que Reita et moi sommes trop saouls pour rentrer nous-même.
Lorsque je laisse le bassiste seul avec son amoureux transit, posant la main sur le métal froid de la poignée de porte de mon appartement, une voix chaude et suave s'élève derrière moi, me faisant frémir.
- La fête n'est pas finie, Uruha-chan.
Il y a une ombre sur le pallier; c'est un homme grand, sûr de lui, beau, un mélange de grâce teintée des souvenirs d'une nuit de danse, encore un peu sous l'emprise de l'alcool.

A suivre~

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:34

Cinq Sens

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CHAPITRE 4 - ~Odorat~

Je me réveille dans une douce odeur, m'évoquant le parfum du caramel et celui du vent frai et sec du petit matin. Je me redresse lentement, jetant un regard circulaire à la pièce dans laquelle je me trouve. Je susi dans un lit deux places, dans une chambre bien tenue, et une odeur légère et fleurie flotte dans l'atmosphère.
Lorsque je me ralonge, replongeant la tête dans les couvertures, c'est un odeur plus masculine qui s'insinue en moi, témoignant de la nuit que j'ai passé dans ce lit. Alors que je ferme les yeux, essayant de chasser le léger mal de tête des lendemains de fête, un parfum familier envahit peu à peu la pièce; l'odeur de la cuisine de Kai.
Je suis donc chez notre batteur.
Je me lève lentement, doucement, essayant de ne pas trop aggresser mon corps encore embué de sommeil et d'alcool, puis je me laisse porter par la douce odeur qui se fait plus présente alors que je pénètre dans le salon. Kai me tourne le dos, dans la cuisine, préparant ce qui semble être - à vue de nez - du poulet au cury.
- Bien dormi, Reita ? demande-t-il en se tournant vers moi avec son éternel sourire chaleureux.
- Oui, merci.
Je m'approche de lui alors qu'il continue à préparer à manger, et remarque deux couverts préparés l'un en face de l'autre sur la petite table de la cuisine. C'est pour moi ?
- Tu veux m'aider ? propose-t-il en me voyant fixer ce qu'il cuisine.
- Pourquoi pas.
- Tiens, tu peux couper ça en petits morceau ? Ca doit rester dans tes compétences, nan ?
Je souris doucement en prenant le morceau de poulet qu'il me tend, avant de l'étaler sur une planche pour le découper en petit dés - et je m'applique autant que possible.
L'odeur délicate de la sauce au cury qui chauffe sur le feu est mêlée au parfum de Kai et à sa propre odeur que je distingue derrière toutes les autres effluves, masculine et pourtant terriblement douce. Je me rapproche encore un peu, un tout petit peu, m'enhivrant du parfum de ses cheveux, de sa peau, de ce qu'il fait...
Ne vous méprenez pas; j'adore la cuisine de Kai. Mais c'est cette fierté masculine horripilante qui me pousse à le nier - allant même jusqu'à prétendre que je pourrais m'empoisonner à la moindre bouchée. Mais ça fait sourire le batteur, et son sourire, c'est tout ce qui importe vraiment.
D'ici, je peux même sentir son souffle frai, oscillant entre l'odeur âcre des cigarettes et la fraicheur de la menthe. J'ai une envie irrésistible de m'approcher encore, de plonger mon visage au creux de son cou pour m'imprégner de son parfum envoûtant, mais notre leader place l'art culinaire sur un piedestral et je n'oserais pas le déranger pendant son activité préférée.
- Reita ?
- Oui ?
- Tu as... quelqu'un en ce moment ?
Les joues de Kai ont légèrement rougit, mais sa gêne s'efface rapidement. Notre batteur est naturel, souriant, optimiste, et je ne pensais pas le voir un jour rougir pour quelqu'un ou quelque chose.
- Ah... non.
Il lève les yeux vers moi et je détourne le regard, incapable d'affronter ces ravissantes prunelles brunes qui me fixent sans se troubler. C'est lui qui me met mal à l'aise, maintenant ?
- Je... Est-ce que tu voudrais bien de moi ? hasarde-t-il.
La question me panique un peu, même si j'espère l'entendre depuis des mois déjà. Je ne le regarde pas, mes yeux restent fixés sur le mur derrière lui, mais je me penche sur 'mon' batteur pour déposer mes lèvres contre son cou, humant enfin l'odeur tant rêvée de sa peau.
- Oui, Kai.
En un instant, ses mains sont contre mon dos et il me rend mon baiser, effleurant la peau de mon épaule de ses lèvres douces. Kai est batteur - et c'est un boulot qui demande autant de force physique que de vivacité, et parfois de brutalité - mais il reste le plus tendre d'entre nous, plus adorable encore que le petit Ruki, mille fois plus sensuel que l'envoûtant Uruha.
Je ferme les yeux, sentant ses lèvres peu à peu rejoindre les miennes, avant qu'il ne s'arrête à quelques millimètres d'elles, et je me délecte du parfum de son visage, de sa bouche.
- Rei-chan, si tu ne veux pas, je...
- Je te veux.
Il rit et me rappelle encore une fois que je suis un pervers - comme si tout le monde n'était pas déjà au courant. Sa bouche rejoint ensuite la mienne et nos langues dansent l'une avec l'autre, la sienne emprunte de douceur et la mienne plus pressante et plus sauvage.
Je le sens qui me pousse quelque part, mais je refuse d'ouvrir les yeux. Notre baiser à cessé et je suis tellement bien dans ses bras, mon visage au creux de son cou, détaillant chaque petite odeur qui émane de son corps que j'ai tant désiré. Sa nuque sent le caramel, presque comme ses cheveux, même s'ils ont une odeur un peu plus sèche et moins moite que sa peau. Ses lèvres ont une odeur fruitée et fraiche, qui me suffirait tant elle est douce si je ne savais pas qu'il me restait encore tout son corps à explorer, à découvrir, à apprendre par coeur.
Je me retrouve allongé sur un lit, le lit dans lequel j'ai passé la nuit, et il m'a déjà privé de la plupart de mes vêtements et de mon bandeau alors que j'ouvre enfin les yeux, sortant de ma torpeur dans laquelle m'a plongée son parfum. Ses gestes sont doux, sensuels, il n'a pas l'air pressé le moins du monde et se contente de me regarder en souriant alors qu'il achève de descendre mon pantalon le long de mes jambes. Lui aussi est presque nu, son jean largement déboutonné et sa chemise ouverte depuis longtemps.
Je m'approche, tend mon visage vers la peau hâlée de son corps, déposant mes lèvres sur son torse et m'imprégnant de son odeur. Son torse a un parfum plus masculin que le reste de son corps, même s'il reste doux, mais ça le rend plus envoûtant encore, plus désirable.
Ses doigts saisissent mon menton, relèvent mon visage pour me tirer de la transe imposée par son parfum, et il m'embrasse, une fois encore.

A suivre~

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:35

Cinq Sens

Cinq Sens
Chapitre 5 ~Goût~

J'ai goûté à la saveur sucrée de ses lèvres et j'en veux plus. Ma langue a parcouru les courbes masculines et envoûtantes de son corps, mais je ne suis toujours pas rassasié. Ma bouche est sur son torse et mes mains sont contre ses hanches, caressant sa peau dont je savoure le goût sucré.

Mes dents se referment sur son cou et Reita sursaute de douleur de plaisir, puis mes lèvres glissent à nouveau le long de son torse, s'éloignant de la marque rouge que j'ai laissé au dessus de son épaule.

-Hmmm Kai...

Sa phrase meurt en un gémissement plaintif lorsque je goûte ses cuisses, m'enhivrant de leur saveur sucrée-salée. un cri s'échappe de ses lèvres lorsque ma langue glisse le long de son membre tendu, et je me délecte de son goût salé... c'est le goût de Reita. Le bout du sexe du bassiste a une saveur plus salée et plus vive; tandis que le goût de ses cuisses est un peu plus fade. Ma langue parcourt le moindre millimètre de peau, cherchant à l'apprendre par coeur comme si je voulais imprimer son corps sur ma langue comme un festin délicieux qui resterait sur mes papilles.

- Kai-chan, je...

Il n'a pas besoin de me le dire, je sens son corps trembler de plus en plus fort et j'entends ses gémissements s'accentuer alors que le goût dans ma bouche devient plus salé encore. La saveur à la fois salée et amère de Reita est dans ma bouche, coule dans ma gorge; c'est un délice, la preuve de son amour.

- Ha, Kai-chan...
- Je t'aime, Reita-chan.

Il me sourit alors que je glisse le long de son corps pour atteindre ses lèvres, les possédant une nouvelle fois pour m'approprier leur saveur si unique. Sa langue caresse la mienne, encore et encore, l'entrainant dans un ballet sensuel qui semble me remercier du plaisir que je lui ai apporté.

- Kai-chan, murmure-t-il. Ca sent le brûlé...
- Merde ! Le curry...
- Tant pis il attendra, dit-il doucement en caressant tendrement mon visage.

Ses mains sont douces et ma langue se promène lentement contre la paume, savourant à nouveau sa peau qui commençait presque à me manquer. Je possède ses lèvres à nouveau et le goût de sa bouche ne me quitte pas alors que je sens ses jambes se refermer autour de mon corps, m'incitant à quelque chose de plus sérieux. Un soupir brise notre baiser au moment ou nos bassins se frôlent, se caressent, pour finalement se frotter l'un contre l'autre et ne plus se lâcher. J'entends distraitement un bruit familier, le petit son sec à l'ouverture du tube de lubrifiant. Je ferme les yeux, nos langues dansent l'une contre l'autre et ses doigts glissent doucement en moi, me faisant gémir dans son baiser.

Puis je le sens qui bouge, tout contre moi, son corps qui glisse contre le mien dans un mouvement sensuel et ses doigts qui me quittent pour que sa virilité se presse entre mes fesses. Je gémis à la fois de frustration et d'anticipation, mais c'est un cri qui s'échappe de mes lèvres et qu'il reprend en coeur lorsque je le sens glisser en moi. Ses mouvements sont d'abord lents; il est penché au dessus de moi et j'aime le sentir en moi, comme s'il me protégeait. J'aime avoir la sensation que c'est lui qui mène la danse, qu'il prend soin de moi et me dominer pour me guider jusqu'au septième ciel.

Ses gestes sont devenus plus fébriles, plus hâtifs, nous gémissons de concert et je sens une douce chaleur m'envahir alors que le plaisir afflue peu à peu en moi. Puis vient le moment de la jouissance et lorsque nos cris de plaisir se taisent, je me laisse tomber sur le drap, Reita est couché sur moi. Son souffle est court, rauque, son corps moite et chaud est étendu sur le mien et son visage est au creux de mon cou. Un de ses mains est sur mon visage, ses doigts caressant fébrilement ma joue alors que ses muscles tremblent encore de plaisir.

- Kai-chan, dit-il. Ca sent vraiment le cramé...
- Le curry va être inmangeable.

Il se met à rire comme si j'avais dit quelque chose de particulièrement stupide et se laisse glisser à mes côtés. Puis il se lève et sort de la pièce pour revenir quelques secondes plus tard.

- Voila.

Je hoche la tête et il revient à mes côtés, un sourire aux lèvres.

- Où en étions-nous ? demande-t-il.
- Quelque part par là, je crois...

Ma main descend le long de son ventre pour aller caresser ses cuisses, et il rit une nouvelle fois.

- A toi de me faire plaisir, mon ange.

Je l'embrasse pour lui signifier que je suis d'accord, et puis j'adore qu'on m'appelle "mon ange". Ma langue goûte à nouveau la sienne, c'est une saveur dont je ne pourrais jamais me passer, le goût de l'amour et du désir.

Owari~

# Posté le lundi 16 juillet 2007 05:35